Train du Grand Nord : Sept-Îles à Schefferville

– (Homme): Les autochtones, pendant des milliers d’années, ils ont fait de l’amont et l’aval, le nord et le sud de la rivière Moisie et de la rivière Sainte-Marguerite ici. Donc, l’hiver, pendant 4 à 5 mois, ils allaient dans le Grand Nord chasser, trapper, et… l’été, ils revenaient vers le sud, où le vieux poste de Sept-Îles est en ce moment, pour soit faire du troc entre eux, entre les nations autochtones de différentes parties de la région, soit avec les Européens pour… pour avoir des items venant d’Europe – (Homme 2): Tshiuetin est né d’un besoin, c’est que la la minière IOC, par sa branche QNS&L, n’entendait plus donner le service à Schefferville Eux n’exploitaient plus la mine depuis des années déjà. Pour Sept-Îles, tant pour les Innus que pour nous, Schefferville est une communauté très importante, historiquement très importante, mais aussi il y a les Naskapis qui sont là, il y a les Montagnais qui sont là, il y a la chasse, il y a la pêche Donc, il était important de conserver ce lien vital ferroviaire, parce qu’il y a pas de route qui va à Schefferville (sifflet du train) (brouhaha) – Deux? – Trois – Trois? – Hé, oh! (rires) – On va te passer au cash, toi! Reviens tantôt pour voir! (brouhaha) (rires) – Oui, bon voyage! – (Homme): Je l’aime énormément, pis on est en sécurité ici C’est pas comme avant, dans les années 80. Avant, ça buvait beaucoup ici! Là, ç’a arrêté Ç’a changé. Le mode de vie a complètement changé. Les Indiens ont beaucoup évolué aussi, là, à quelque part. Pis le train, ben, ça appartient aux Indiens, aux Montagnais. J’aime pas dire j’aime pas ça, dire “aux Indiens”. Les Premières Nations On est les Premières Nations, Montagnais, par exemple Moi, embarquer dans le train, ça signifie repos. Euh C’est très familial ici, c’est ça, très familial. Et ça me ramène à mon passé, où je suis allé à la chasse dans des endroits, là, avec mon père, mes parents… ma famille Ça me ramène beaucoup à mon passé. Aussi, ce qui est bénéfique ici, là, ça ça m’amène à bien… bien réfléchir avant mon travail, au côté familial. J’ai des

problèmes au niveau familial aussi. Bon, ça… ça me permet de bien réfléchir à ça. Avec Je suis connecté avec Dieu, moi Je suis… je suis un catholique pratiquant. Les Montagnais, ils sont catholiques pratiquants, très, très pratiquants. Eux autres, ils vont mourir avec ça, eux autres (petit rire) Parce qu’ils aiment prier, hein Mais peu importe… Aussi, surtout, j’adore voir les vieux ici. Des fois, j’y vais voir Ils racontent leur histoire Eux autres, ils regardent tout le temps, eux autres, là! – Ils connaissent tout? – Beaucoup, parce qu’ils ont fait beaucoup de portage, hein! D’ici à Schefferville. Moi, je l’ai pas fait. Mais j’ai fait du Ski-Doo par exemple, de Esker jusqu’à Schefferville. C’est très dangereux, très, très dangereux – (Homme): Le chemin de fer est vital pour le Nord, et vital pour les communautés du Nord C’est vraiment la… la toutes les denrées circulent par le chemin de fer. Les liens que les gens tissent entre eux, c’est par le chemin de fer Écoutez, l’avion, c’est… le segment Sept-Îles-Schefferville à plein tarif, on décide qu’on va aller faire un tour à Sept- Îles pis on revient, c’est à peu près 1500$. Alors, c’est comme impossible de penser autrement que d’assurer ce service ferroviaire, qui est nécessaire Parce qu’on a quand même 2 communautés importantes qui sont au Nord (indistinct) (sifflet de train) – (Caméraman): Ç’a été acheté par des Amérindiens, ça – Je suis venu au début, disons, début du mois d’août jusqu’au mois de décembre seul, pour découvrir, disons, la ville C’est comme parce que c’est un endroit nordique, c’est très loin de Montréal, là où j’étais Donc, j’ai découvert, disons, la région, et après, j’ai emmené ma famille après Noël. J’ai apporté avec moi la famille Donc, j’ai parlé avec ma femme concernant la région, le climat, disons, le… l’école Parce que c’est… c’est comme différent de Montréal aussi C’est… caractéristique des autochtones. Les coutumes, les traditions, ça diffère Ici, on… peut-être les deux Tu gardes ta famille, tu gagnes de l’argent, mais c’est différemment des autres régions Il faut que tu t’habitues, tu intègres. Il faut que tu possèdes la propriété d’intégration et d’adaptation Sinon, tu vas… prendre tes sacs, et tu vas retourner dès la 2e semaine! (Un homme parle, indistinct.)

(grincement des freins) – Attends, je vais te le préparer, Tommy (sifflet) – Oh oui. Après ça, Menihek Menihek, ça, ça appartient à Hydro Churchill Falls, une compagnie du Labrador. Mais il y a eu une entente avec les communautés, comme Menihek, là, de… de faire travailler des gens innus, comme l’électricité pis – OK. Pis quel est l’endroit le plus beau, vous pensez? – Tout est beau (petit rire) Et pis, tout était beau avant Aujourd’hui, tu vois – Avant les mines et tout, là? – Oui, avant les mines. Même là, où t’es assis là, là, il y a du fer là en dessous – Oui, mais on disait que le camp ici, on a remis de la terre par-dessus le lieu. On n’a pas voulu enlever – Oui, ils ont juste enterré, ils ont juste enterré – Ah oui – Si tu déterrais, la pelle qui est là, là, le terrain juste là, tu trouverais beaucoup de choses. Tu trouverais du bois, du fer, euh… les… les lade de tracteurs, des camions, n’importe quoi. Ç’a tout été enterré ici, la compagnie. Au lieu de dépenser de l’argent pour descendre, ils ont juste enterré Même le lac de l’autre bord, là, il y a plein de fer qui traîne là. Les tuyaux d’électricité, le lac qui est ici Pis il y a du… il y avait beaucoup de poissons, avant, là – Là, il y en a moins? – C’est le nombre d’enfants que j’ai, c’est pas mon âge! (rires) – (Tous): ♪ Parler d’amour ♪ Mon cher ami ♪ C’est à ton tour De te laisser parler d’amour ♪ ♪ Bonne fête…. ♪ (cris d’enthousiasme) – Hip! Hip! Hip! – (Tous): ♪ Bonne fête ♪ – (Homme): Il s’est pratiqué hier, hein! – ♪ Bonne fête, bonne fête Bonne fête… ♪ (sonnerie de cloches d’un train) – Je viens d’une famille de cheminots depuis 3 générations J’ai grandi sur la track. J’ai été fait dans le train à part de ça, entre Clova pis Senneterre dans le passager de l’Abitibi Ma mère est Attikamek, mon père était chef de train pour Via Rail à l’époque. Pis… ben, Via Rail avait des chambres à l’époque. Ç’a donné… ç’a donné ce que ç’a donné (bips) (Un homme parle, indistinct.) – Là, on est dans le secteur de quelle famille ici? – Pinette, Diana? La famille à Diana ici Je sais que Diana vient d’ici en tout cas. Elle a grandi pas ben loin d’ici Avancer, reculer. Neutre Neutre, reculer – (Homme à la radio): J’ai pas enlevé le BM encore, je vais faire ça après-midi – Les drapeaux ne sont plus là, mais le BM est toujours bon pour 10 miles à l’heure, fait que (bips) Je suis passionné de chemins de fer. Je travaille au chemin de fer. J’adore la nature, je suis en plein dedans. Pis ça me rapproche de mes racines autochtones. J’ai un bon salaire. Pourquoi j’irais chercher autre chose ailleurs? Quand tu travailles ici, tu travailles pas pour un

actionnaire, tu travailles pour un… pour une communauté, tu travailles pour des gens. Tu sais pour qui tu travailles Tu sais que ça va bénéficier aux enfants qu’il y a là-bas, pis aux grands-parents, pis aux utilisateurs de l’endroit. Tu sais que tu vas travailler, que ça va rapporter des sous pour une maison des jeunes, pour un centre culturel. Peut-être que ça va bâtir une piscine à Schefferville, financer des programmes – (Jean-Guy): Je vais reparler encore, quand je vois des Innus, des jeunes Innus qui conduisent le train, je suis fier d’eux autres. Parce que je sais qu’ils ont un avenir – Je suis professeur à Schefferville, je prends souvent ce train-là. Et c’est pas la première fois qu’il y a des des petits pépins qui arrivent Je me rappelle, l’année passée, le 13 décembre, moi, je devais descendre à Noël voir ma famille. On est restés pris Mais c’est la première fois que je vois ça, en fait, là, qu’on dorme ici pour repartir, là – (Homme à l’accent français): Donc, on est, voilà, perdus au milieu de nulle part, le camp Esker, isolé dans la toundra Et puis, des lacs tout autour Plein de mouches autour de nous Eh ben, c’est ça, la réalité d’Esker – Le camp Esker est d’une importance majeure au long de la voie ferrée de Tshiuetin, car elle héberge des travailleurs de cette entreprise là. Le camp Esker utilise actuellement du diesel pour son électrification, et on s’intéresse à… à mettre en place un système d’électrification qui utilise l’éolien et le solaire pour compenser l’utilisation du diesel La compagnie autochtone Tshiuetin, comme la majorité des compagnies qui exploitent le minerai ou qui ont des activités dans la région, a une vision

du développement durable. Les autochtones, bien sûr, cette dimension-là est d’une importance majeure pour eux. Le respect de l’environnement, la diminution de tout ce qui est possible en termes de pollution est d’une importance majeure pour la communauté autochtone Donc, c’est sûr que le projet de campement vert se positionne très bien dans cette vision-là D’autre part, la problématique est telle qu’elle justifie grandement le premier projet de camp vert. Parce que Tshiuetin exploite, on doit le dire, au Québec, le seul… la seule voie ferrée nordique qui est dépourvue de l’alimentation électrique… de l’alimentation hydroélectrique. Donc, elle fonctionne à 100% sur le diesel Ce qui fait que d’une part, avec leur vision, et d’autre part avec leur problématique, le premier camp vert Esker se cadre très bien… cadre très bien comme un projet majeur, projet pertinent pour les activités de Tshiuetin – Nous, puisqu’on veut entrer des énergies vertes, en fait, on veut aussi beaucoup faire un travail d’économie d’énergie, donc beaucoup de gestion de charges, qu’on appelle, beaucoup gérer les charges électriques à l’intérieur du camp, pour justement gérer ça d’une façon intelligente, pour ne pas gaspiller, le moins possible, et ne pas causer beaucoup de de peaks de consommation – Euh, alors, pour ça, on va commencer par différentes actions. Par exemple, l’eau potable. Eh bien, l’eau potable, elle est pompée dans le lac, tout simplement, qui est juste à côté. Elle est envoyée directement comme ça dans tout le système pour prendre les douches, boire, faire la cuisine Euh, on voit qu’on est vraiment en pleine nature. Donc, c’est la… la pompe qui est là. Donc, toi, ce que tu voudrais faire, Alexis, c’est un tuyau qui va descendre jusqu’au lac avec – Oui, ce serait ça. Dans le fond, on utilise le même tuyau déjà existant ici. On va probablement remplacer la pompe près du lac, qui elle, pompe continuellement en ce moment On utiliserait probablement un clapet antiretour pour éviter, lors de l’arrêt de la pompe, que le tuyau se vide et que ça prenne du temps pour repomper toute l’eau jusqu’au bâtiment Il y a quand même une assez bonne distance. C’est quoi, environ un kilomètre? – OK Donc, à la place des moteurs diesel, on va… puisqu’on est dans une région assez plate, assez bien exposée aux vents, et qui est, l’été, très ensoleillée, l’hiver, un peu moins, puisqu’on est dans le Grand Nord du Canada. Donc, ça veut dire qu’on a la grande nuit presque polaire ici – (D. Ramdence): Euh… bien sûr, on travaille avec des entreprises, des petites et moyennes entreprises, qui ont des expertises rodées, des expertises confirmées dans ces disciplines-là, pour mettre en place des technologies qui sont éprouvées déjà, donc pour apporter une dimension verte au fonctionnement du camp. Mais en plus, il est intéressant de savoir que l’ITMI s’intéresse grandement à tout ce qui est la recherche et développement, l’optimisation et l’innovation Donc, pour vous donner un exemple, au niveau du camp Esker, ce serait non seulement un des premiers, sinon le premier camp vert au Canada Mais ce serait aussi un des premiers camps sur lequel serait testés et validés des concepts aussi poussés que la suralimentation par air comprimé des moteurs diesel Donc, on travaille… c’est un peu la façon de fonctionner de l’ITMI. On prétend pas de tout savoir et d’être capable de tout faire, mais on sait… on a créé des liens importants avec des centre d’expertise majeurs Donc, pour le camp Esker, on souhaiterait optimiser le fonctionnement du système éolien-solaire en… en apportant une dimension d’air comprimé là-dedans. Et pour pouvoir se faire, ça demande des expertises très pointues, et on travaille en collaboration avec des chercheurs, des professeurs de l’ETS, de l’Université du Québec à Rimouski. On compte environ 5 à 6 étudiants en maîtrise, doctorat, qui travaillent sur ce projet – Un des premiers réflexes à avoir lors des économies d’énergie, c’est surtout de remplacer les éclairages par des éclairages LED. Ce sont des ampoules qui consomment beaucoup moins que les ampoules traditionnelles, que ce soit fluocompactes ou incandescentes Pour les appareils de grosse consommation, tels les chauffe- eau, le chauffage, les réfrigérateurs, on va poser des petites minuteries programmables comme celle-ci pour réguler la consommation dans les moments où on ils ne l’utiliseront pas, soit l’eau chaude, soit leur chauffage, des choses comme ça, durant le jour ou la nuit (sifflet) – Ben, Esker, c’est… c’est absolument crucial. C’est le long d’une immense voie ferrée où il n’y a aucune gare. Il n’y a que des trains de minerai et le fameux express, qui est le train de passagers qui relie Schefferville à Sept-Îles 2 fois

par semaine. Ce… ce camp est très important parce qu’on ne se rend pas compte peut-être très bien quand on est dans le sud du Canada, mais il faut entretenir les voies continuellement. Donc, en été et même en hiver, on a tout le temps des travailleurs qui doivent reconstituer des voies, refaire des voies, vérifier les voies ferrées D’autant plus que les trains qui circulent sur ces voies-là sont extrêmement lourds Ça… ça pèse très lourd sur les voies ferrées. Donc, il faut entretenir ça. Et le camp Esker sert d’abri, de refuge, de point de chute, de point de repos aux travailleurs innus qui travaillent tout le long de la voie – Donc, c’est leur qualité de vie qui est en jeu ici N’oublions pas qu’ils viennent travailler ici dans le site et dans les environs 14 jours, et ils repartent 14 jours de vacances. Donc, ils vont vivre ici loin de leurs familles pendant 14 jours à travailler sur les voies. Et donc, c’est c’est important comme… Parce que ce serait trop loin de revenir tous les soirs vers Sept-Îles ou vers Schefferville Donc, le… le centre ici, le camp Esker est au milieu de ce grand tronçon de voie. Puis, il y a une autre raison, c’est une raison de sécurité. C’est que le camp, en hiver peut servir comme abri lorsque, par exemple, il y a une panne de train, ce qui peut arriver en plein hiver. Et donc, à ce moment-là, les passagers, par exemple, du train, ou les conducteurs de locomotive, les travailleurs qui travaillent sur les voies pourraient trouver refuge dans ce camp, qui doit être prêt à les recevoir à tout moment. Donc, il y a beaucoup plus d’activité en été, et moins d’activité en hiver. Mais en hiver, le camp devient un refuge. Donc, c’est un camp très, très important pour la vie du rail dans le Grand Nord – C’est le temps des fêtes. On appelle ça “les trains du père Noël”, parce que l’express de Tshiuetin, durant la période des fêtes, c’est le temps où les gens vont faire leur magasinage à Sept-Îles. Pis en cours de route, à peu près à la hauteur du barrage de Menihek, environ à une heure et demie d’Esker, où on se situe, sans savoir pourquoi, la génératrice, elle a arrêté Je me souviens du vent, c’était un froid sibérien. Le son du vent, c’était un sifflement nordique, là, comme on entend dans les films, là Tu vois que le vent, il vient de loin, là, pis il est persistant Fait qu’au lieu d’arriver à Emeril à 2h00… à midi, on est arrivés à 2h00 de l’après-midi Une des options qui aurait été le fun, à l’époque, quand quand la situation du fameux vendredi 13 s’est passée avec le passager du Tshiuetin, quand on a été pris 2 heures ici. On regardait le camp Esker, qui est ici, qui contient une trentaine de chambres et cuisines, des réchauds au propane… placardé, incapable de l’utiliser Aujourd’hui, on sait qu’on n’aurait pas pu se rendre à Emeril. À l’époque, on a tenté l’expérience de se rendre à Emeril en pensant que comme à l’habitude, c’était un petit breaker qui venait de lâcher ou… Aujourd’hui, d’avoir le camp Esker qui serait fonctionnel à l’année ou accessible, accessible à l’année. Même s’il était fermé, hors d’opération durant la saison hivernale, de savoir que seulement en tournant une clé, en allumant quelques pitons, il pourrait prendre vie. Ce serait rassurant de savoir que… cet endroit-là, qui est à mi-chemin au milieu de nulle part, serait capable de prendre vie pis de nous dépanner de façon assez rapide, tu sais. Pis c’est une belle option, c’est bien placé

C’est à mi-chemin entre Schefferville pis la Trans Labrador, Emeril jonction – Pour l’hiver, c’est que le camp est complètement fermé, et on ne peut plus l’ouvrir. Les dans le sens que l’eau est coupée, il fait -40°C ici, c’est très, très froid. Et donc, on ne peut pas vraiment ouvrir le camp en cas d’urgence. Il est très difficile de démarrer les diesels très vite. Et ce qu’on veut faire, c’est pouvoir avoir une espèce de… comme un refuge dans une montagne. On est dans le Grand Nord, eh ben, il faut pouvoir accueillir des travailleurs ou des passagers, accidentés, par exemple. C’est comme une halte routière le long d’une route du Grand Nord ici C’est une halte, l’hiver surtout, un genre de refuge pour des… des gens qui seraient accidentés le long de la voie ferrée. Et ce qu’on va faire, c’est grâce aux énergies renouvelables, ce qu’on ne peut pas faire actuellement, c’est qu’on va stocker l’énergie dans des batteries, on va pouvoir éclairer le camp instantanément grâce aux green cubes, grâce à ces systèmes d’énergies renouvelables, qui vont stocker de l’énergie, et où on pourra tout de suite démarrer la lumière, démarrer des fours micro-ondes pour qu’ils puissent boire des… des boissons chaudes, manger un petit peu, etc. On va reverdir le camp, c’est-à-dire que ce camp, qui est pas très, très beau aujourd’hui, qui a été construit par les compagnies minières rapidement il y a plusieurs années, maintenant, c’est la propriété des communautés autochtones. Il est géré par les 3 nations de Maliotenam, les nations innues, qui possèdent le train. Et donc, on va le transformer, l’adapter, pour qu’il soit plus respectueux de l’environnement, qu’il soit même un exemple au Canada, piloté par les Innus, pour montrer que c’est possible aujourd’hui de faire des équipements ou des installations industrielles, qui ont une vocation de transport de minerai, mais respectueuses de l’environnement, agréables pour les travailleurs qui viennent travailler et… et bien insérées dans la très belle nature qui entoure ce site-là – (Y. Veillette): Pis je me souviens, cette journée-là, j’ai marché le train, qui contenait 6 voitures passagers, 4 voitures à bagages, une voiture power cart pis l’électricité, 12 locomotives. Pis il y a des câbles entre chacune des locomotives, pis des wagons Puis, les déglacer, les nettoyer, pis les rebrancher, de chacun des côtés, à -40°C. Je me souviens du vent, c’était un froid sibérien. Le son du vent, c’était un sifflement nordique, là, comme on entend dans les films, là. Tu vois que le vent, il vient de loin, là, pis il est persistant (Un homme parle en anglais.)

– (Homme): Toutes les locomotives étant éteintes, le circuit de freinage à air a commencé à perdre de la pression, et les freins sont graduellement devenus de moins en moins efficaces. Environ une heure plus tard, juste avant 1h00 du matin, la pression d’air a baissé à un point tel que l’effort jumelé des freins à air et des freins à main ne pouvait plus retenir le train. Le train a commencé à se déplacer sur la pente descendante et a roulé vers Lac-Mégantic sur une distance de 7 miles À mesure que le train dévalait la pente, il a pris de la vitesse, atteignant 65 miles à l’heure. Le train a déraillé juste après le passage à niveau de la rue Frontenac Presque tous les wagons-citernes déraillés ont subi des dommages, un grand nombre d’entre eux ayant été éventré, et environ 6 millions de litres de pétrole brut se sont déversés rapidement dans les rues L’incendie a commencé presque immédiatement, et 47 personnes ont perdu la vie en raison des flammes et des explosions (coups de klaxon) – (Homme): Sortez d’ici! – La maintenance industrielle, l’électronique industrielle, la minéralurgie, les opérations, ferroviaires, où nous sommes, d’ailleurs, dans ce cas, le seul établissement dans l’est du pays à donner de la formation et à faire de la recherche, à être actif dans ces 2 domaines-là – Ces entreprises-là doivent avoir de la main-d’oeuvre qualifiée, formée conformément au règlement fédéral sur le transport ferroviaire. Et le cégep de Sept-Îles participe à la formation de cette main- d’oeuvre là. C’est quand même un élément important de leurs opérations, puisque ça doit être fait d’abord sur des grandes distances, ce sont les chemins de fer privés les plus grands au Canada que ces compagnies-là doivent exploiter (Un homme parle sur les ondes radio, indistinct.) (Un homme répond, indistinct.) – Plusieurs conducteurs des entreprises exploitantes ferroviaires de la région sont passés par là pour être formés Euh, le cégep de Sept-Îles est le seul cégep dans tout l’est du Canada à proposer de la formation dans le domaine du ferroviaire. La direction de la formation continue au cégep de Sept-Îles a mis énormément de temps, énormément d’efforts pour faire émerger une connaissance très pointue dans ce domaine-là, en partenariat avec les entreprises exploitantes ferroviaires de la région – Moi, j’ai commencé… j’ai fait partie de la première classe que Transport ferroviaire Tshiuetin a formée au cégep de Sept-Îles. C’était 7 semaines pour les besoins de la cause. La langue était une difficulté chez mes confrères innus. Il y en a que l’innu était plus leur langue première, ou les termes en français étaient plus difficiles. Fait que le cours s’est adapté à eux autres pour leur donner la chance de réussir aussi. Pis ils ont prolongé le cours pour une semaine de plus Puis quand on est sortis de là, ben, chacun, on s’est ramassés avec un emploi sur différents

départements: mécanicien de locomotive, comme moi, j’avais terminé, ou chef de train On nous avait appris que la première priorité avant tout, c’était la sécurité, ce qui est encore le cas aujourd’hui. Puis c’est comme ça qu’on a travaillé avec les formateurs qu’il y avait à l’époque pour les trains de minerai. Puis moi, j’ai fait mon essai, puis une opportunité s’est présentée comme chef de train sur le train de passagers pis de marchandises – (Homme): Avancer, reculer Neutre. Neutre, reculer – Et notre but, c’est vraiment d’écouter les problèmes de la région, ici, en ferroviaire Pourquoi? Parce que, bon, sur la Côte-Nord, à Sept-Îles, les chemins de fer sont très particuliers. De un, c’est en zone nordique, donc il y a la neige, le froid, le gel-dégel qui se produit. Également, ce sont des chemins de fer qui sont isolés, donc c’est très difficile, il y a pas de route qui y accède. C’est vraiment que par le chemin de fer qu’on peut se rendre sur les lieux Donc, il y a beaucoup, beaucoup d’enjeux qui sont liés à ça Et nous, ce qu’on fait ici en recherche, on travaille beaucoup sur la sécurité ferroviaire, sur le développement de nouvelles technologies. Dans les projets, qu’est-ce qu’on a, présentement? On a un projet de stabilisation des parois rocheuses, avec la compagnie ArcelorMittal, entre autres. C’est un projet qu’on fait en partenariat avec l’Université Laval, donc des professeurs en géologie et génie géologique, qui, par des nouvelles technologies, donc le LiDAR, par exemple, vont être capables de cartographier l’ensemble du chemin de fer, les parois rocheuses et tout, et vraiment de regarder par la suite avec des logiciels assez poussés de simulation quels sont les endroits les plus à risque où est-ce qu’il pourrait y avoir des glissements de terrain, par exemple. Parce que c’est pas nécessairement évident. Sur 400 km, faut toujours réussir à trouver, je dirais, le plus d’informations possible, mais des informations pertinentes à chaque convoi, pour s’assurer vraiment de les traiter pis de faire un suivi avec les mécaniciens de locomotives, voir également qu’est-ce qui a bien été, qu’est-ce qui a moins bien été pour s’assurer d’augmenter la sécurité – (Homme sur la radio): C’est les premières bandes blanches, ici, à gauche – Donc, présentement, on est en train de travailler avec l’entreprise Optik 360, pis on fait des tests sur plusieurs types de drones. On fait des tests sur des drones aériens pis sur des drones terrestres, des drones qui peuvent se déplacer sur la track – Au cas qu’il y a des obstacles, au cas qu’il y ait des… des éboulements, qu’un morceau de la voie ferrée qui est parti, le drone pourrait effectivement le voir et prévenir la locomotive avant ♪ ♪ ♪ Sous-titrage: MELS